Comment elle va me tuer …

D’autant que je m’en souvienne, j’ai toujours adoré écrire.

C’en devient même parfois un besoin presque vital.

Non pas que je me sente le talent d’un Zola ou les mérites d’un prix littéraire, mais il me semble que mes écrits sont faciles à lire, et sont, je l’espère en tout cas, divertissants pour les lecteurs qui aventurent leurs yeux sur les mots que je laisse traîner ici ou là, mais je les laissent seuls jugent, et quoi qu’il en soit, j’écris avant tout pour moi.

Bien évidemment tous les sujets que je peux aborder n’intéressent pas la terre entière et c’est tant mieux, mais j’avoue volontiers que régulièrement ma plume ou mon clavier sont bridés par manque d’inspiration ou d’un sujet à aborder, ce qui a pour conséquence de me frustrer un minimum.

Ce serait mentir de dire que je n’ai pas pensé à me sortir de la panade dans laquelle je suis par l’écriture d’un roman comme tant le font …

… même si l’histoire ne dit pas si hormis à quelques exceptions près, leur plume leur a véritablement permis de se sortir de la mouise …

… mais je ne m’en sens pas la capacité et surtout les efforts à déployer pour aller le vendre ensuite sont tels que j’ai déjà bien trop à faire ici-bas avec les vicissitudes de la vie.

J’ai écrit quelques histoires plus ou moins loufoques, en partant de postulats et de situations tout droit sortis de mon imagination …

… mais cette fois, l’histoire que je vais vous raconter n’est que la narration de la réalité …

Je ne vous promets pas de n’utiliser que des tournures brutes de décoffrage mais aussi étonnant que cela puisse paraître, je vais vous raconter comment elle va m’assassiner !

Je sais, c’est surprenant.

J’aurais adoré être capable d’imaginer un récit post-mortem romancé à souhait avec une intrigue bien ficelé du genre « Comment on m’a assassiné ! » …

… mais Chateaubriand à déjà rédigé ses mémoires d’outre-tombe et moi, je suis très loin d’avoir assez d’imagination, même si j’en ai un peu, alors restons les pieds sur terre, vu qu’il ne s’agit pas d’un roman et soyons factuels …

… avec un peu de chance ce récit mettra un terme à toutes ses manigances et au pire cela permettra peut être à ceux qui resteront de savoir ce qui s’est vraiment passé …

En toute logique, ce récit s’arrêtera brusquement puisque, sauf à ce que je me trompe, je ne pense pas pouvoir vous raconter la vie après la mort, vu que moi-même je n’y crois pas.

Mais commençons plutôt par planter le décor, je vous en ai déjà dit assez sur la fin des événements à venir !

Je suis donc un presque quinqua …

… d’ailleurs, je ne garantis pas d’atteindre, non pas cet âge canonique puisque j’ai déjà eu 40 ans, mais ce jubilé ou demi-siècle, vu la volonté tenace de me nuire que met en oeuvre ma future meurtrière …

… rescapé de la vie, puisqu’un triple pontage préventif il y a un peu plus de deux ans m’a  permis d’éviter la caisse en sapin qui m’était assurée en cas d’infarctus …

… bien évidemment, on ne sort jamais totalement indemne de ce genre de surprise que vous réserve la vie, puisqu’en toute logique, je suis interdit de charges lourdes, d’efforts intenses ou d’activité brusques et en général de toute activité risquant une fatigue cardiaque trop intense …

… si on écoutait les toubibs, hormis rester assis sur une chaise, et encore, je n’aurais le droit de rien faire ou presque, mais ce n’est pas pour autant que l’on te catégorise avec un handicap …

… c’est donc ainsi que depuis plus de deux ans maintenant, j’ai appris à gérer ma glycémie puisque l’on m’a découvert du diabète, et au passage je dois également surveiller mon cholestérol et mes triglycérides …

… tout cela a également un peu fragilisé mon immunité et notamment celle de mon cœur qui n’hésite pas à laisser s’installer en son sein les bactéries volontaires à la tentation de me faire passer de vie à trépas …

Donc, vous le comprendrez aisément, mon hygiène de vie à quelque peu changé !

Forcément, lorsque qu’un petit microbe de rien du tout qui toi te filerait la goutte au nez, moi m’envoie à l’hôpital pour 10 jours et me colle 6 mois de traitement, parce qu’il a été stoppé à temps sinon je ne serai déjà plus là pour vous raconter mon avenir …

… d’ailleurs, je me demande si cette mésaventure d’il y a quelques mois, n’était pas une première vague d’attentat à mon encontre …

… on devient un peu maniaque sur la propreté minimum de son lieu de vie et des lieux qu’on fréquente !

Même si je l’avais compris depuis très longtemps …

… parce que la vie ne m’a pas épargné mon lots d’événements marquants, tristes etc …

… cet énième frôlage de la mort …

… oui ce n’était pas la première fois que je suis passé à côté …

… m’a conforté dans ma doctrine de vie, qui consiste à vivre, raisonnablement certes, mais vivre plutôt que de chercher à rester vivant !

Ceci étant dit, à l’époque de ce grand chambardement, j’avais une vie pas forcément agréable, mais je vivais dans un environnement confortable et sans problème matériel d’aucune sorte …

… j’avais une liberté somme toute limitée et une pression quotidienne importante, mais je ne vais non plus dire que j’avais des conditions de vie horribles …

Puis, ma vie a changé, j’ai fait LA rencontre que je n’attendais plus, celle qui m’a redonné espoir en la vie …

… LA rencontre qui m’a fait arrêter de survivre pour recommencer à vivre …

Quand après certains déboires amoureux, des années de recherches infructueuses, des déceptions et des tentatives d’escroqueries diverses et variées que j’ai chaque fois déjoué, rassures-toi, tu finis par te résoudre à accepter l’inacceptable et à accepter que la solitude sera ta dernière compagne.

Mais c’était sans compter sur le destin qui est, comme chacun le sais, un beau petit salopard tout autant qu’il est surprenant ou capricieux.

Donc le destin décide de mettre sur mon chemin un jeune homme qui ne trouve rien de mieux que de tomber amoureux de moi et me fait donc des grands signes discrets pour que je le regarde autrement …

… et je l’ai regardé, et j’ai craqué et je suis tombé amoureux …

Il est strasbourgeois, moi parisien, quelques 500 kilomètres nous séparent, mais qu’importe, notre histoire s’installe doucement et pendant 15 mois on va jongler avec les agendas, les trains, les autoroutes, les chambres d’hôtes etc … pour se voir autant que faire ce peut.

C’est à cette époque là, que la jalousie à l’origine des motivations de ma meurtrière a due commencer à naître …

… parce que oui, le mobile de mon futur meurtre est d’une banalité affligeante : la jalousie.

Ben, oui, j’ai tout fait pour rejoindre ou faire venir le plus souvent possible l’homme que j’aime pour que l’on passe le plus de temps ensemble, alors que son chéri à elle, ne fait aucun effort pour venir la voir.

Mon chéri, comme ma meurtrière, avaient chacun une chambre universitaire qu’ils voulaient quitter.

Mon chéri se lança le premier et trouva une sous-location pour laquelle je n’ai eu aucun mot à dire, mais que je trouvais pas franchement honnête.

Ma meurtrière, elle, s’arrangea avec sa meilleure amie pour devenir colocataires et rendit sa chambre à la fin de l’année scolaire.

Mais comme cela arrive quand on n’assure pas ses arrières, elle se retrouva le bec dans l’eau avec le risque de ne pas pouvoir reprendre ses études à la rentrée.

Mon chéri lui proposa de rejoindre sa sous-location si une chambre se libérait et se fut le cas, vu les manigances du locataire principal.

Mais mon honnêteté légendaire n’est pas apprécié des escrocs, ils nous fallut donc trouver une solution de secours en urgence pendant les vacances que nous passions ensemble chez mes parents dans le sud de la France.

Ne voulant pas laisser ma future meurtrière dans les pattes d’un escroc, nous lui proposions une colocation avec mon chéri et cherchâmes donc un trois pièces dans Strasbourg, ce qui nous valut un aller-retour exprès de près de 2 000 kilomètres en 36 heures pour visiter des appartements.

Malgré de nombreuses péripéties et frayeurs, oui, nous avons bien cru nous retrouver avec un camion de location plein à restituer mais nulle part où le vider …

Bref, in extremis, ils signent tous les deux un bail en colocation et s’installent.

Je viens régulièrement, puisque nous avions décidé que je n’emménagerai qu’une fois trouver du travail sur place, mais la distance ne facilitant pas la présence à des entretiens, et la solidité de notre couple étant forte, nous commencions à sérieusement nous demander si nous n’allions pas prendre le risque que j’emménage à Strasbourg plus tôt que prévu..

Au pire, je pourrais peut être avoir droit au RSA, qui, avec sa bourse, nous permettrait de vivre, chichement, mais de vivre, et par contre ce sera plus facile de chercher du travail et de me déplacer à des entretiens.

Donc mon chéri lui demande si elle est d’accord pour que je viennes, « bien sûr » répond-t-elle !

Plusieurs fois la question posée toujours la même réponse j’annonce donc à Paris que je pars m’installer à Strasbourg !

Départ sans filet, sans argent, sans boulot, et j’emménage mi-décembre.

Est-ce que j’y crois ?

Forcément puisque si mon chéri me vire, je me retrouve SDF !

Je voulais aller plus loin dans mon récit avant de publier une première partie, mais je crois qu’une vague destructrice de son invention est en train de me toucher de plein fouet.

Douleurs et épuisement sont mes compagnons depuis cette nuit, je pensais pourvoir tenir le week-end mais vu mon état de délabrement je me vois dans l’obligation d’appeler le toubib et vu mon cursus médical, je ne serai pas étonné de passer la nuit à l’hôpital et probablement d’autres.

 

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Publié par

CHAMALOURS

Un ours gay, en couple et heureux.

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